Jeudi.

Sans le voir venir et sans m’en rendre compte je suis frappée de plein fouet par un énorme nuage noir. C’est comme si le ciel gris des jours derniers venait de rentrer dans mon esprit pour y semer le doute et la confusion. Pourtant il y a du soleil dehors. Il fait même très chaud. Alors je fait une pause dans mon planning de la journée. Assise sur le balcon, les yeux fermés, je ne fais que simplement ressentir la morsure du soleil sur ma peau. Cette sensation à la limite de la brûlure, entre plaisir intense et douleur. Je suis dans mon corps. Le calme revient lentement dans mon esprit.

Je vais écrire. Ecrire pour lâcher les émotions. Que je n’ai rien envie de faire. Que c’est OK. Et qu’en même temps je culpabilise un peu de cela. Alors je fais le point sur les semaines passées. J’ai bien travaillé. J’ai atteins les objectifs que je m’étais fixés. Je peux être fière de moi et prendre le temps de me poser. M’arrêter a toujours été difficile. Comme si la pause était le contraire du mouvement, le contraire de la Vie. Mentalement et physiquement je sais sa nécessité. Ma mémoire me rappelle mon burn-out et mes cellules me crient de prendre soin de moi pour l’éviter.

Vendredi.

Le nuage noir est descendu au niveau de mon coeur. Pour une stupide histoire de dentifrice. Ces moments où une banale situation du quotidien fait péter la soupape à l’intérieur de toi et que tu laisses sortir toute la vapeur alors que ce n’est ni le moment, ni la bonne personne en face de toi.

J’ai choisi de consacrer du temps à des tâches administratives que je fuis d’habitude. Comme copier les textes de mes anciennes newsletter sur mon blog.
Je ne sais plus si c’était avant ou après avoir écouté le live des Aventurières. Dans tous les cas c’était très à propos.

En tirant les cartes hier et en écoutant mon intuition il m’est apparu de manière très claire que je suis sur mon chemin. Que le problème n’est PAS que je n’ai pas trouvé ma passion ou que je ne suis pas au bon endroit. Ce serait tellement plus simple!

Genre « ah je n’étais juste pas dans ma mission de vie, alors je vais faire autre chose! ». 

Sauf que ce qui semble être une décision n’en est pas complètement une puisqu’elle serait surtout stimulée par une fuite.

Le salariat ne me convient pas, alors je vais être entrepreneure. Un choix? Ou une fuite?

A quel point cette décision est-elle entière?

Parce qu’être entrepreneure ce n’est pas que la liberté de faire ce que je veux de mon temps. Être entrepreneure ce n’est pas que l’indépendance d’être ma propre patronne et la seule à prendre des décisions.

Être entrepreneure c’est aussi:

– Les tâches que je n’ai pas envie de faire. Pour moi c’est la comptabilité principalement. C’est mettre de l’ordre dans mes papiers, enregistrer mes recettes et mes dépenses. Faire les comptes. Pour d’autres ce sera la partie « vente », ou la création de contenu.

Même si je suis entrepreneure pour faire ce que j’aime et qui me fait vibrer, j’accepte que parfois je vais faire des choses qui ne me semblent pas être le fun total. Comment est-ce que je peux y mettre du jeu?

– Accepter que ce qui a fonctionné hier n’est pas forcément la meilleure solution pour demain. Le marché évolue vite, le challenge est permanent. J’ai eu des super résultats le mois dernier et ce mois-ci c’est la descente totale en terme de C.A. Comment est-ce que je peux prendre conscience de mes succès dans ces moments-là et me donner de la gratitude?

– De la discipline et de la persévérance que parfois mon être créatif n’a pas envie de suivre. Il y a énormément de croyances limitantes sur ces deux là. Comme si elles étaient synonymes de mourir. Et si elles étaient justement là pour me faire vivre encore plus fort? Ce serait comment de les accepter et les faire entrer dans mon quotidien?

– Se faire face à soi-même constamment, aller explorer ses peurs et ses croyances limitantes. Et ce n’est pas toujours au moment où j’en ai le plus envie que c’est le plus nécessaire. Comme par hasard. Est-ce que je fais bien la différence entre une résistance interne et un vrai besoin de me reposer? L’égo est malin. S’écouter oui, mais est-ce que j’écoute mon coeur ou mon égo qui se fait passer pour mon coeur?

– C’est aussi se faire face, vis-à-vis du regard des autres, des jugements, de la peur d’être rejetée. Qu’est-ce que je vis pendant ces moments là? Quelles parties de moi sont à aimer et à guérir? Comment est-ce que je peux m’amener à moi l’amour dont j’ai besoin? (Ressentir l’amour est une action solitaire. Ferme les yeux et pense à une personne que tu aimes. Ressens cet amour que tu lui portes. Indépendamment de celui que cette personne te porte, ou pas. Ressens le. Tu vois comme c’est simple et que tu le fais seule).

– C’est avancer avec les échecs, les ratés, les plantages. C’est apprendre à les aimer aussi. Facile à dire je sais, mais tellement vrai. Derrière chaque échec se cache une leçon et un cadeau pour la suite. Est-ce que je prends le temps d’aller découvrir ces cadeaux cachés? Si non, que puis-je mettre en place pour le faire?

– C’est être libre de gagner de l’argent mais aussi prendre conscience qu’il n’y a pas vraiment de régularité à ce niveau là. Tout un programme ! Déjà, est-ce que mon stress financier est réel? Est-ce que ma sécurité est remise en question? Quand? Demain? Aujourd’hui? Dans 3 mois? Dans 6 mois? Quelle échéance me permet d’être en sécurité financière? Et quelle échéance me permet de te sentir libre financièrement? Les deux sont différentes. Comment je me sens devant cette évidence?

Et finalement c’est d’accepter tout cela.

Le full package de l’entrepreneure.

Les doutes, la confusion, l’envie de tout laisser tomber. Cela ne veut pas dire que tu n’es pas sur ton chemin. Mais peut être simplement que tu n’y es pas en prenant la pleine responsabilité d’y être. Avec un choix total de tout ce qu’il comporte ce chemin. Les jolies petites fleurs sur le côté mais aussi les trous qui te font trébucher.

Le full package de l’entrepreneure c’est la responsabilité.

La responsabilité de décider pour soi à chaque instant. Puisque plus rien n’est imposé de l’extérieur.
Tout vient de l’intérieur.

Dans mon expérience personnelle j’ai été salariée pendant une douzaine d’années.
En tant que salariée j’évoluais dans un cadre. Avec des objectifs fixés par l’entreprise. Des limites fixées par l’entreprise. Une notion de réussite et d’échec fixée par l’entreprise. Tout le cadre était fixé par l’entreprise. Facile et restrictif à la fois.

C’est d’ailleurs ce cadre que j’ai fuit lorsque je me suis tournée vers l’entrepreneuriat. Les objectifs, les limites, les définitions ne me convenaient pas, je voulais créer les miennes pour moi, puisque je ne me sentais pas à ma place avec celles là.

Sortir du cadre a été le premier pas.

Et si pendant un moment j’ai pensé que c’était le seul pas nécessaire, j’ai vite été rattrapée par ma réalité pour faire le second pas tout aussi fondamental: créer mon cadre.

Waouh. Et ce morceau là j’ai l’impression qu’il n’est jamais terminé!

Je me suis rendue compte il y a peu, que les moments de doutes et de « je vais tout arrêter » étaient liés aux manques dans mon propre cadre. Quand je n’avais pas encore exploré certains angles, quand je n’avais pas encore accepté certaines manières de faire, quand j’étais encore dans la fuite.

Comment savoir si tu n’as pas encore défini ton cadre intérieur?

Les doutes t’assaillent lorsque tu vis une situation qui ne te convient pas dans ton business, par exemple « pas assez de clients ». Et tu es euphorique lorsque tu signes un nouveau contrat.

(L’évolution est une spirale et nous passons par les mêmes problématiques plusieurs fois, pour enlever une couche après l’autre. Si un contrat te faisait sauter au plafond il y a 1 an. Aujourd’hui c’est peut-être 10 dans le mois. Idem pour les doutes.)

En gros ton moral est en lien direct avec l’extérieur.
Le cadre extérieur de l’entreprise (ou autre) n’étant plus là pour sécuriser et t’apporter discipline et persévérance, tu laisses les situations extérieures de la Vie reprendrent ce rôle. Comme un enfant qui teste les limites pour voir jusqu’où il peut aller, tu cherches une sécurité qui vient de l’extérieur et tu testes les limites pour voir jusqu’où tu vas aller.

Comment définir ton cadre? Que met-on dans son cadre?

Bienvenue dans le monde de l’Auto (non pas les voitures!)…

Auto-discipline
Auto-motivation
Auto-persévérance
Auto-validation
Auto-conviction
Auto-confiance en soi
Auto- ok ce sont pas tous des vrais mots mais t’as compris le truc quoi!

Tout ça c’est à l’intérieur de toi. Déjà.
Ce sont des ressources disponibles. Simplement, peut-être que tu n’as jamais eu le besoin d’aller les activer car c’était plus facile de rester en mode « cadre extérieur ». Mais crois-moi sur parole, elles sont là. En toi.

Aujourd’hui en tant qu’entrepreneure tu as la chance de pouvoir créer ton cadre à partir de rien. C’est une chance, ne la laisse pas se transformer en malédiction, à l’insu de ton plein gré!

Ton cadre c’est le lieu où tu travailles. Et là où tu ne travailles pas.
Ce sont les heures pendant lesquelles tu travailles. Et celles pendant lesquelles tu ne travailles pas.
C’est l’heure à laquelle tu te lèves. Et celle à laquelle tu te couches.
Ce sont les jours off et les jours de vacances que tu choisis.
C’est la définition de ton succès et de tes objectifs.
C’est le choix de comment tu célèbres tes efforts et tes succès.
C’est savoir à quel moment tu t’auto-sabotes.
Et comment tu vas t’empêcher de le faire.

Tu es ton propre superviseur. Tu es ton propre patron. Tu es ton propre mentor. Tu es ton propre thérapeute.

Tout ça à la fois.
Tous les jours.

Biensûr parfois tu vas pouvoir demander de l’aide extérieure pour mieux y arriver (un coach, un mentor, un thérapeute), mais personne ne va venir créer ton cadre pour toi-même. Cela fait partie de ton job en tant qu’entrepreneure.

Et si créer ton cadre te semble être une montagne infranchissable, n’oublie pas qu’il te suffit de faire un pas à la fois.

Si la discipline et la persévérance sonnent encore comme des gros mots à tes oreilles, commence simplement par accepter qu’elles font partie de ta vie d’entrepreneure. Et mets en place une habitude à la fois.

Je ne me considère pas naturellement disciplinée et pourtant aujourd’hui j’écris du contenu quotidien.
Je n’aime pas les routines et pourtant aujourd’hui j’en ai une chaque jour.
Je n’aime pas les cases qui me semblent contraignantes et pourtant aujourd’hui j’ai des to-do list et je planifie ma journée.

Donc c’est possible.

Et ça commence par une décision. Celle de choisir ta vie d’entrepreneure entièrement.
Avec toutes les facettes que cela comporte.
Celles qui brillent et celles qui brillent moins (à tes yeux aujourd’hui).

Ecrire cet article m’a donné plusieurs idées pour renforcer mon cadre. J’ai pu observer les manques. Et trouver comment les combler.
Quelques nouvelles habitudes à mettre en place dans les jours qui viennent!

La clarté a fait place à la confusion.

La confiance a pris le dessus sur les doutes.

La motivation et la détermination balaient l’envie de tout laisser tomber.

Et toi? Quelle est la première action que tu vas faire pour affiner ton cadre de référence?

Dream big, Love big
Caroline

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